coquin

    ?  COQUIN, INE n. et adj., apparu au XIIe s. comme nom (1174-1191) est d'origine obscure : il est en effet difficile d'envisager comme étymon l'adjectif latin coquinus « de la cuisine » qui aurait été substantivé au sens de « marmiton ». Cette hypothèse est pourtant recevable d'un point de vue sémantique si l'on pense que l'ancien français cuistron, coistron désignait à la fois un marmiton et, par péjoration, un bâtard, mais elle ne repose que sur une attestation isolée de coquinus en un sens péjoratif (Plaute) ; en outre, le nom médiéval coquinus « mendiant » semble une latinisation du français. D'un point de vue morphologique, il faut ajouter que coquin supposerait une formation demi-savante, peu en accord avec les formations toutes populaires des mots français issus de dérivés du latin coquere ( cuire). L'hypothèse soutenue par Wartburg d'une dérivation de coq* fait difficulté d'un point de vue sémantique, et celle de coque* pris pour coquille* au sens de « mendiant, coquillard » pose un problème de chronologie.     ❏  Quoi qu'il en soit, coquin est utilisé tout au long du moyen âge pour désigner un gueux, un mendiant, quelqu'un de très basse condition. Au XVIe s., toujours selon l'idée dominante d'une extrême pauvreté, il est employé au figuré pour désigner qqn ou qqch. qui manque de tout, ne possède rien en propre. Dès le XVIe s. (1548), il est aussi employé comme simple dépréciatif (coquins de vieillards !) et avec le sens moderne affadi de « celui qui a commis une petite faute, espiègle » (dans petit coquin, v. 1550). Ce sens semble avoir disparu de l'usage classique et avoir été repris au XXe siècle.  ◆  Le XVIIe s. développe une conception différente du coquin, qui cesse de se caractériser par sa condition sociale pour se définir par des actions viles, infâmes (1611). Le passage de l'idée d'extrême pauvreté, de mendicité à celle de malfaisance est aussi réalisé par truand*. Coquin fonctionne alors comme synonyme de poltron ou de libertin, et, au féminin, de garce avec des connotations érotiques (1611). Il entre dans la construction coquin de, servant à qualifier ce qui est jugé malicieux, avec une idée soit de séduction, soit de tromperie. Le sud de la France l'utilise en particulier dans la locution coquin de sort !, qui semble avoir vieilli.     ■  L'emploi adjectif de coquin, apparu vers 1547, suit l'évolution sémantique du nom : du sens premier de « digne d'un gueux », il passe dès le XVIe s. aux sens modernes de « enclin à la sexualité » (1548) et simplement « espiègle, malicieux » (v. 1550).     ■  Cependant, la connotation principale de coquin est celle de la malhonnêteté, notamment en matière d'argent ou en politique (les copains et les coquins).     ■  COQUINE possède, plus que le masculin, une connotation d'« enjôleuse » sous l'influence de son emploi substantif, et par attraction de coquette. Ce féminin a connu des valeurs argotiques autour de l'idée de transgression sexuelle (masculine) : « homosexuel » (1873), d'où l'idée de traîtrise, avec le sens de « dénonciateur », Cf. donneuse.     ❏  COQUINERIE n. f. (1330-1332) est passé de l'ancien sens de « mendicité » au sens moderne de « malice, fourberie » (1578) avec des connotations de tromperie ou de libertinage érotique. On rencontre parfois COQUINISME n. m., quasi-synonyme, de valeur plus active. COQUINEMENT adv. (1576) et COQUINET, ETTE n. (1761) sont peu usités.  ◆  Le verbe COQUINER, intrans. « agir en coquin », s'emploie en Acadie pour « tricher (au jeu, en affaires) ».     
    Le composé ACOQUINER v. tr. (1530), de a- et -coquin, a eu, dans l'usage classique, le sens de « donner de mauvaises habitudes à qqn » (en construction transitive). L'usage moderne emploie surtout la forme pronominale, non plus au sens ancien de « vivre en concubinage », mais de « se lier à une personne peu recommandable » (1690). Ses dérivés ACOQUINANT, ANTE adj. (1762) et ACOQUINEMENT n. m. (1858 dans Richard de Radonvilliers) sont tombés en désuétude.

См. также в других словарях:

  • coquin — * * * coquin, ine [ kɔkɛ̃, in ] n. et adj. • XIIe « gueux, mendiant »; o. i.; p. ê. du lat. coquinus « de la cuisine », de coquistro ou dér. de coq 1 ♦ Vx Personne vile, capable d actions blâmables. ⇒ bandit, canaille, scélérat. C est un fieffé… …   Encyclopédie Universelle

  • coquin — coquin, ine (ko kin, ki n ) s. m. et f. 1°   Celui, celle qui a un caractère bas et fripon. •   Grâce pour les grands, grâce pour les coquins, PASC. Prov. 4. •   Vos patrons qui sont de francs coquins, SÉV. 155. •   Un coquin est celui à qui les… …   Dictionnaire de la Langue Française d'Émile Littré

  • coquin — COQUIN, INE. s. Terme d injure et de mépris, comme Fripon, maraut. C est un coquin, une coquine. Un tour de coquin. f♛/b] On dit aussi par injure et par mépris: C est un beau coquin, un bon coquin, un plaisant coquin. Un méchant coquin, un grand… …   Dictionnaire de l'Académie Française 1798

  • coquin — COQUIN, [coqu]ine. s. Belistre, maraut, gueux, faineant, fripon. C est un coquin, une coquine. un tas de coquins. il en est jaloux comme un coquin de sa besace. voilà un beau coquin pour pretendre à une si haute charge. elle a espouse un coquin.… …   Dictionnaire de l'Académie française

  • coquin — Coquin, a Coquina, quasi amator, vel sectator coquinae Homo petax, Mendicus. {{t=g}}kokuô,{{/t}} ploro, lugeo, lamentor. Inde forte, Coquin Suis enim lachrymis conantur mendici stipem extorquere …   Thresor de la langue françoyse

  • Coquin — (fr., spr. Kockäng), Schurke, liederlicher Mensch; Coquine (spr. Kockihn), liederliche Dirne; Coquinerie, Schurkerei, schlechter Streich; daher Coquines u. Coquins, so v. w. Beguinen u. Begharden …   Pierer's Universal-Lexikon

  • Coquin — (frz. Kokäng), Schuft; Coquinerie (Kokinrih), Schurkerei …   Herders Conversations-Lexikon

  • COQUIN — INE. s. T. d injure et de mépris. Fripon, maraud, bélître. C est un coquin, une coquine. Un tour de coquin. Un méchant coquin. Un grand coquin. Un vil coquin. C est un coquin qui trahirait son meilleur ami pour le moindre intérêt. On l a traité… …   Dictionnaire de l'Academie Francaise, 7eme edition (1835)

  • Coquin — Co|quin [kɔ kɛ̃:] der; s, s <aus gleichbed. fr. coquin, weitere Herkunft unsicher> (veraltet) a) Schuft, Halunke; b) Schelm, Spitzbube …   Das große Fremdwörterbuch

  • coquin — n.m. Vin qui enivre. / Amant : Son coquin, c est René …   Dictionnaire du Français argotique et populaire

  • coquin — Dénonciateur qui vend à la police. On dit aussi coqueur …   Le nouveau dictionnaire complet du jargon de l'argot

Поделиться ссылкой на выделенное

Прямая ссылка:
Нажмите правой клавишей мыши и выберите «Копировать ссылку»